La dyspraxie chez l’adulte – mon histoire.

J’ai découvert, en 2013, que j’étais dyspraxique. Je suis allée consulter une neuropsychologue, qui, suite à un questionnement sur mon histoire personnelle, a confirmé que j’avais des éléments dyspraxiques. Cependant, au quotidien, ça ne paraît pas ou presque car j’ai développé de bons mécanismes compensatoires au fil des ans. Mais depuis que je lis sur la dyspraxie, je me rends compte que ce qui est « normal » pour moi ne l’est pas pour les autres et c’est ce qui explique certaines de mes difficultés. En fait, de savoir que je suis dyspraxique est un soulagement car ça me permet d’expliquer pourquoi je suis comme je suis (et que je ne suis pas idiote finalement).

Je vais donc parler de mes expériences en tant que personne dyspraxique. En effet, une personne dyspraxique n’aura pas les mêmes effets qu’une autre personne dyspraxique. L’ennui, c’est que ce n’est pas écrit sur notre front qu’on est dyspraxique – c’est pour ça qu’on l’appelle le handicap invisible. J’aimerais que d’autres personnes dyspraxiques partagent leur vécu et leurs expériences. Je sens un besoin de jaser avec des gens qui peuvent comprendre ma réalité et je me rend compte qu’il y a un manque au Québec à ce niveau pour les adultes dyspraxiques.


Pourquoi c’est important pour moi de le savoir là maintenant? Depuis quelques années, j’éprouvais certaines difficultés au travail reliées à l’apprentissage de nouvelles techniques et j’observais des différences avec mes collègues de travail dans ma façon de fonctionner. Je suis donc allée consulter une première fois en neuropsychologie en 2009 afin d’en savoir plus sur mon fonctionnement intellectuel. À ce moment-là, la dyspraxie n’est pas ressortie et mes questions n’ont été répondues que partiellement et ma confiance en mes capacités (surtout au niveau professionnel) a continué sa chute libre.

En 2010, je suis tombée en arrêt de travail et j’ai eu un doute qu’un des facteurs ayant provoqué l’arrêt était relié au diagnostic de retard psychomoteur que j’ai reçu étant jeune. Qu’il y avait plus que juste avoir de la difficulté à apprendre des tâches manuelles. Avec ma mère, je suis donc allée en expédition aux archives de l’hôpital en Ontario ayant posé le diagnostic en me croisant les doigts que mon dossier n’aie pas été détruit (ça date quand même des années 70!). Quelques mois plus tard, je reçois une copie de mon dossier avec le résultat de tous les tests que j’ai passé à l’âge de 17 mois avec le diagnostic : « psychomotor retardation of undetermined etiology ». Youppi! J’ai une preuve écrite de ce que ma mère me disait depuis que j’étais au cégep. Cependant, tout le dossier relié à la réadaptation que j’ai suivie par la suite n’a pas été retrouvé. Je dois donc me fier aux souvenirs de ma mère. J’ai donc eu de la réadaptation de l’âge de 2 ans jusqu’à 5 ans à raison d’une fois par semaine et ma mère avait des exercices à me faire faire à chaque jour. Je devais également être socialisée soit en allant jouer avec un voisin de mon âge ou bien, en allant à la prématernelle dès l’âge de 3 ans et demi. À l’âge de 5 ans, les spécialistes ont dit à mes parents que j’avais rattrapé mon retard. Pour mes parents, le problème était réglé… Le retard était rattrapé mais la difficulté à apprendre de nouveaux gestes a toujours été présente. Mes parents me disaient souvent que j’avais besoin de comprendre le comment du pourquoi de chaque geste. Maintenant, je comprends pourquoi…

En 2013, j’ai décidé de quitter mon emploi pour retourner aux études à plein temps en ergonomie. Par curiosité, je me disais que de faire un projet de recherche sur des gens comme moi, ça pourrait être intéressant. Je commence donc à chercher sur Google plus d’informations. Je suis tombée sur le terme dyspraxie en cherchant « trouble d’apprentissage des gestes ». C’était la première fois que je voyais ce terme. En lisant la description, je me suis reconnue et c’est de là que je suis retournée consulter en neuropsychologie en 2013 pour avoir une confirmation de mon intuition.

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